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vendredi 30 mai 2014

Great Black Music: la nymphe Echo ne se cache plus!

J'en ai rêvé, la Cité de la Musique l'a fait ! 

Le musée met en scène jusqu'au 24 Août une superbe exposition qui mêle fresques historiques et célébrations musicales. Et que peut-on y entendre ? Des rythmes envoûtants de cumbia colombienne, des flows décomposés de hip-hop made in Brooklyn, des improvisations musicales d'azmaris éthiopiens, ou encore d'enivrantes notes de musiques jazz nées dans les clubs enfumés de l'Amérique ségréguée...You just name it, il y'en a pour tous les goûts !

En remontant les différentes salles et ambiances sonores du musée on ne peut s'empêcher de voir des ponts et des raisonnances entre toutes ces musiques, ces époques et ces continents. Si chaque musique a pu naître dans un contexte culturel et politique singulier, elle n'est au final que la très forte manifestation de la résistance et de la créativité de peuples dispersés et qui se cherchent depuis l'exil forcé par les mouvements de la Traite Négrière. La Cité de la Musique propose donc de célébrer cet héritage et ces échos sonores au-travers d'un parcours intitulé The Great Black Music.

Au-delà du formidable travail de curation et de mise en scène (et en groove!), j'ai adoré le fait que cette exposition offre une expérience de visite interactive des plus originales. Grâce à une application dédiée et à un smartguide remis à l'entrée de l'exposition, le visiteur peut interagir avec les installations et se fait "selecta" du jour en sauvegardant les titres des morceaux préférés. A la fin de la visite une playlist personnalisée est envoyée par mail, ce qui permet de conserver les noms des titres et artistes... Genius !

Adieu petit carnet de notes désuet: c'est dans ma boîte email perso que j'ai reçu ma petite playlist quelques minutes après avoir quitté l'exposition. Un peu comme on savoure un reste de gâteau le lendemain d'une fête d'anniversaire j'ai donc pu ré-écouter mon éclectique sélection. Et comme j'aime bien partager, je me suis amusée à piocher sur YouTube et à remettre ici quelques vidéos de mes morceaux coups de coeur. Wind it up selecta!



Le guitariste et chanteur Big Bill Broonzy fut une des personnalités populaires de l'âge d'or du Chicago Blues des années 1930-1940. Ce fils de paysans retranscrit avec beaucoup d'émotion les déboires des laboureurs du Sud et les nombreuses injustices que vivent les noirs de cette époque. Comme dans cette chanson où il demande "What you gonna do about the old Jim Crow?" Bonne question Bill !




"Quiero contarle mi hermano un pedazito de la historia negra, de la historia nuestra caballeros y dice asi: DICE!" Dans cette chanson Joe Arroyo nous rappelle que l'esclavage fait aussi partie de l'histoire de la Colombie. Le rythme salsa entraînant et la voix suave du chanteur nous feraient presque oublier la tragédie de cette histoire. Personnage charismatique et passionné, Joe Arroyo aimait revendiquer avec fierté et optimisme ses origines africaines, et chaque souffle de trompette accompagne ici une invocation musicale déchirante :"no le pegue", ne la frappe!



Mulatu Astatke est le père de l'éthio-jazz et représente à la perfection le syncrétisme musical de cette exposition. Dans ses compositions on retrouve en effet de la musique traditionnelle éthiopienne mais aussi la Clarinette qu'il a étudié au Trinity College of Music de Londres et les influences des musiques jazz et latines découvertes lors de ses premiers séjours à New York. A savourer sans modération!


Feo-Gasy, Caetano Veloso, Grand Master Flash...Il y'aurait tant d'autres artistes à citer et à présenter! Je vous invite à découvrir par vous-mêmes cette expo et vous laisse avec ce chouette message de conclusion: "one nation, under a groove"!

vendredi 16 mai 2014

Maya Angelou... Oh my, my!

Un nouvel article marqué du sceau de la sobriété. Court mais intense, car c'est en quelque sorte le teaser d'un article plus long que je prépare sur la grande Maya Angelou. Ce n'est que lors de la première cérémonie d'investiture de Barack Obama que j'ai découvert la sublime poétesse, écrivaine et activiste. Je m'étais promis alors de parcourir très vite un de ses ouvrages. 

Proscratination ou simple oubli... il m'aura fallu attendre 6 années avant de prendre le temps de découvrir le récit de son illusoire retour aux sources. Dans Un billet d'avion pour l'Afrique elle offre un tableau riche en anecdotes, questionnements et belles découvertes de ces afro-américains partis à la conquête du Ghana dans les années 60. Mais surtout elle raconte son histoire, celle d'une femme forte et sensible à la fois, femme et mère, libre et en même temps hantée par son histoire et celle de ses ancêtres. Et tandis que je refuse de finir les 10 dernières pages qui m'obligeront à dire au revoir à cette belle fresque poétique, je me plais à parcourir sur YouTube les interviews de celle qui est aussi reconnue pour ses talents d'oratrice. 

La vidéo que je partage ici avec vous est celle qui m'aura le plus marquée. Blame it on the "Oprah effect": j'ai bien failli pleurer. Trop émue que j'étais devant la sagesse et la spiritualité de Maya. Et je retiendrai cette phase d'elle: "to FORGIVE is one of the greatest gift you can give to yourself". Tellement simple, mais tellement vrai...