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jeudi 20 février 2014

TBT- Parce que Pharrell Williams est bien plus qu'un jeune choriste à la mode

Pharrell Williams, Pharrell pour les intimes, ou  encore Fafa pour les vrais fans qui savent que rien ne pourrait décrédibiliser l’homme… Le nom de ce prolixe génie est sur toutes les bouches depuis l’an dernier et ses actualités sont toujours commentées avec effusion et excitation sur les réseaux sociaux.

Qu’il s’agisse de comptabiliser le nombre de prix remportés grâce à sa participation aux hits des Daft Punk ou de Robin Thicke, de s’interroger sur sa nouvelle passion pour des couvre-chefs dignes des meilleures caricatures de la police montée canadienne, ou encore de commenter son incroyable résistance aux épreuves du temps, Pharrell fait l'objet de nombreux posts, tweets ou likes.



Pourtant, bien avant Snapchat,Twitter, Facebook, Instagram ou SoundCloud, avant même My Space, Fafa (car je suis une vraie fan) nous étonnait déjà. Ses arrangements musicaux magistraux étaient alors commentés et partagés via l’ancêtre des canaux de diffusion de buzz: MSN Messenger. En souvenir de mes nombreux messages consacrés à ses compositions originales, son regard charmeur et son style off the chain, j'ai souhaité compiler quelques unes de ses premières compositions. 

----> Caught out there (1999)
Pharrell se fait d'abord connaître grâce à des productions musicales réalisées via son groupe de rap. The Neptunes, le groupe créé avec son ami Chad Hugo, va produire des morceaux qui marqueront l'histoire pop-RnB des années 90: I am a slave for you (Britney Spears), I just wanna love you (Jay-Z), Shake ya ass (Mystikal), You don't have to call (Usher), Hot in Herre (Nelly) ... Le duo va également lancer la carrière de nombreux artistes, comme par exemple celle de la chanteuse Kelis. Ils produiront son premier album,un petit condensé de hip-hop alternatif qui ne rencontrera pas de succès commercial aux Etats-Unis. Il fera malgré tout un carton en Europe, ce qui assurera à l’interprète de Milkshake alors âgée de 18 ans une formidable notoriété outre-atlantique.


----> Frontin' - feat. Jay-Z (2003)


Ce clip rend hommage à toutes les valeurs de Virginia Beach, la ville d'origine de Pharrell: le skate, les gobelets rouges chargés de petites liqueurs colorées et les ambiances balnéaires (who needs a shirt!?) décontractes. Frontin' est le premier single de celui qui se caractérise par une voix singulière qu'il qualifie lui-même de "shower voice", de petit filet sans puissance. Moi je parlerais au contraire de fort souffle sensuel entre rap et soul... et on peut savourer son flow dans ce morceau.

----> Can I have it like that (2005)
Le milieu des années 2000 correspond à la période "Ice Cream" (du nom de sa première ligne de vêtements) de Pharrell: tout lui sourit! Les critiques jugent alors que son premier album (In my mind) est sa meilleure production depuis des années. Il faut dire qu'il s'entoure de grosses pointures musicales: Snoop Dog (Beautiful), Kanye West (Number One), ou encore Gwen Stefani, comme on peut le voir dans cette vidéo.  



----> Everyone nose (2008) 
Pharrell dévoile avec ce tube une autre facette de son talent. Mélange de rock, de funk et de rap, le groupe NERD (No one Ever Really Dies...Ah ouais?!) est formé en 2001 afin de permettre à l'artiste et ses amis d’expérimenter un mix de productions digitales et d'enregistrements live de groupes de rock. Peut-être trop atypique, NERD tarde à rencontrer le succès et ne s'affirmera qu'à partir de 2003 (grâce au fameux "She wants to move"), date à laquelle sort le deuxième album. Les membres du groupe décident de perfectionner leur maîtrise des instruments et vont progressivement être acclamés pour leurs performances live folles et contagieusement énergiques...Très rock quoi! 


A 40 ans, Pharrell Williams est un artiste mondialement respecté, qui n’hésite pas à se ré-inventer: auteur-compositeur-interprète, il se fait aussi producteur de contenu audiovisuel et styliste à ses heures perdues. Et un peu comme son éternelle jeunesse, son talent ne semble jamais tarir. Quel est son secret? Peut-être nous est-il dévoilé dans les paroles d'un de ses tubes de rap(Drop it like it's hot): "I am a nice dude, with some nice dreams". Qui a dit que rêver ne menait à rien?!

dimanche 16 février 2014

Wall Art: quand nos petits murs se transforment en grandes salles d'exposition

Amis réalisateurs en herbe, vous qui avez pu revoir vos … (à remplir par vos soins) joyeuses années facebookiennes et partager des vidéos rétrospectives ponctuées de posts historiques, vous n’êtes pas sans savoir que Mark et ses amis ont célébré en grande pompe le 10ème anniversaire du leader des réseaux sociaux. 

10 ans, c’est pas si vieux, mais compte tenu de la bousculade spatio-temporelle dans laquelle nous avons été emportés depuis l’émergence des réseaux sociaux, ces petits films ont presque réussi à réveiller en moi une petite pointe de nostalgie. Facebook a beaucoup changé, sur la forme et sur le fonds, depuis l’ouverture de ma page en 2007 et j’ai déjà pu me plaindre de la relative lassitude que je ressens aujourd’hui en me promenant de murs en murs.
Pourtant au milieu des publications monotones et sans originalité (les miens compris) j’ai noté une initiative rafraîchissante : « Occupy Facebook ». L’objectif était de nous élever le temps de quelques posts au-delà de nos préoccupations ordinaires. Au travers d'une chaîne au nom de l’art nous étions en effet invités à alimenter nos murs d’œuvres artistiques, de musique ou de poésie. J’aime beaucoup l’idée que des milliers de murs virtuels ont pu se transformer en galeries interactives dans lesquelles amateurs et passionnés ont pu découvrir ou redécouvrir des artistes divers. 

En fouillant et en hashtagant ici et là j’ai eu le plaisir de buter sur quelques pièces originales que je partage avec vous. 

-----> Ralph Hotere


Ralph Hotere est un peintre et sculpteur néo-zélandais qui nous a quitté l’an passé. Entre acclamations et controverses il est devenu célèbre pour ses tableaux des moments clef de l’histoire de son pays et ses toiles sombres et poétiques. Le noir est la couleur dominante de ses œuvres qui expriment son regard, notamment sur la très controversée tournée de l'équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV en 1981. Cette large installation est intitulée « Black Phoenix » (1984-1988) et symbolise assez bien je trouve l’idée de renaissance et de regénération au-delà des cendres. 

-----> Henry Ossawa Tanner


Un peintre afro-américain découvert sur le mur d'une amie, qui nous offre dans ses quelques toiles son regard sur la France qu'il découvre lors d'un voyage en 1891.

-----> Jean Michel Basquiat

"Gone too soon"...Basquiat succombe à une overdose à l'age de 27 ans, mais nous a laissé de nombreuses œuvres originales que j'étais heureuse de retrouver sur Facebook. Ce pionnier de la mouvance underground a mixé avec talent peinture, dessin et graffiti et cette compilation met bien en évidence son éclectisme et son style énergique. 

Me voilà donc au pied du mur maintenant:contrainte de poster à mon tour une oeuvre d'art, et surtout de reconnaître que cette dernière déferlante de partages, d'inspiration et de découvertes est la raison pour laquelle j'ai rejoint le réseau historique il y'a 7 ans . Happy B-Day my dear Facebook! <3

samedi 1 février 2014

Mes petites élucubrations virtuelles et visuelles

Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam

Mon humeur du jour est à la comptine et aux rythmes à trois temps, car c’est en chantonnant que je me suis amusée à sauter de pages en pages sur Internet ce matin. Ma recherche de départ sur Google: « l’exposition collective- La Divine Comédie ». 

En me rendant hier à la dernière rencontre des AfroParisians (voir plus d’infos sur ce groupe ICI) j’ai en effet pu découvrir la nouvelle exposition conçue par Simon Njami. Et comme ce projet ne sera pas (a priori) présenté sur Paris, j´ai eu envie de partager quelques liens sur une exposition qui semble aussi originale que colossale.

Am, stram, gram… trois temps. Le même rythme qui a inspiré le grand écrivain et critique qui a réussi à rassembler les travaux de 55 artistes contemporains originaires de plus de 20 pays africains. Trois thèmes seront présentés: le paradis, l’enfer et le purgatoire. Inspirée par l’œuvre la plus célèbre de Dante divisée elle aussi en 3 cantiques, cette exposition (à voir dans plusieurs lieux internationaux à partir du 21 mars) souhaite revisiter la représentation imaginaire de l’au-delà. Plusieurs médias seront utilisés (peinture, photographie, sculpture, vidéo, installation et performance) mais j’aime surtout l’idée que chaque artiste a pu saupoudrer un chef d’œuvre de la littérature italienne des marques de sa propre origine culturelle et religieuse.


Et preuve que cette poésie composée entre 1307 et 1321 a un caractère universel, Simon Njami a pu nous expliquer que les questions d’ordre théologique, philosophique et moraliste présentées dans l’œuvre d’origine n’ont pas perdu de leur caractère explosif et viendront faire écho aux problèmes sociaux et politiques contemporains. Encore plus ambitieux, l’exposition veut dépasser  les aspects historiques ou politiques pour s’élever vers une dimension purement esthétique. Exciting ! J’ai pu lire une présentation très exhaustive de la première étape de l’exposition (le musée d’art moderne de Francfort) sur le site d’Art Actuel et vous invite à parcourir ce magazine des arts contemporains en cliquant ICI. Et puis pour mieux appréhender le niveau de créativité, voici quelques teasers visuels de l’exposition.







En fouillant sur le web  j’ai également eu le plaisir de trouver le très bon travail de curation de Jeanne Mercier. Celle-ci a créé un journal virtuel (Scoop it pour les plus geeks d’entre vous) intitulé Afrique in visu et qui renvoie vers le site du même nom. Et là, belle surprise, que vois-je? Une fantastique plateforme d'échanges autour du métier de photographe, ainsi qu´une association qui multiplie les initiatives afin de promouvoir et de démocratiser les techniques de l’image en Afrique. Il est possible de soutenir le projet en faisant un don qui servira à pallier à l'absence de structures dans certains pays, développer des formations, ou dynamiser des politiques culturelles encore peu cohérentes. Je vous laisse découvrir quelques uns des projets de l’association via une vidéo réalisée pour les 5 ans d’Afrique in Visu.  



Comme toujours Google m’aura permis de voyager loin bien loin, et j’en oublierais presque l’horrible ciel gris qui tente de me narguer de l’autre côté de ma fenêtre. Je ne vois plus les nuages sombres, mais des images de marchés colorés, de portraits posés, de paysages luxuriants de beauté. Je vois des photographies  parfois chargées de mélancolies, parfois chargées d’espoir, mais qui donnent toujours envie de s’interroger sur le sens. Âme, stram, gram… Et je repars, confiante, en chantonnant.