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samedi 30 novembre 2013

Artsy... from the beach to the web

Dans la famille petit site internet incubateur d'art et de culture, je demande le site du DVCAI! 

Le DVCAI (Diaspora Vibe Cultural Arts Incubator) est une association qui a été créée afin de promouvoir l'activité culturelle et artistique des talents émergents de la Caraïbe et de l'Amérique latine. J’aime leur volonté de challenger les formes d’art traditionnelles (bye-bye vulgaires aquarelles de cocotiers et de paysages marins!) et le fait qu'ils permettent de découvrir virtuellement leurs artistes en résidence. Le site est aussi une fantastique fenêtre ouverte sur toutes les collaborations développées dans le cadre de programmes internationaux. De quoi donner envie de quitter son clavier et de partir à la rencontre des talents et manifestations culturelles présentés.


L'équipe opère tout naturellement de Miami, une ville de plus en plus reconnue pour son tissus culturel dynamique et diversifié. Et vous savez ce qui est hot à Miami en décembre (à part le temps) ? Le Miami Art Basel !

Art Basel est une manifestation d'art contemporain qui se tient chaque année en Suisse (Bâle), à Hong Kong et en hiver aux Etats-Unis (Miami), pour offrir une sélection de  près de 260 galeries internationales.

On y trouve de tout : peintures, sculptures, installations, vidéos, impressions, photographies, performances… ainsi que des fashionistas et stars ravis de se retrouver autour de ce qui est devenu un haut de lieu de soirées branchées. Je laisserai le soin à d'autres de décrire l’ambiance by night et m’attarderai plus ici à l’ambiance by day.

Cette manifestation organisée depuis 2002 à Miami est surtout l’occasion d’attirer des exposants et des visiteurs d’origines diverses. Et en regardant le programme de cette année, j’ai repéré quelques artistes « caliente » (et ben oui, je nous mets dans l’ambiance latina de Miami!) que vous pourrez mieux découvrir via leurs sites internet ou ceux de leurs galeries respectives. 

BARKLEY L. HENDRICKS


Ce peintre venu de Philadelphie est reconnu pour sa maîtrise des portraits urbains et son unique combinaison de post-modernisme et de réalisme. On devine bien ses différentes expertises (de la photographie au design paysager) derrière ses peintures à l’huile, et la forme conceptuelle de ses tableaux n’enlève rien à la forte présence noble et fière de ses sujets. 

POUR PLUS D'INFO: http://www.barkleyhendricks.com/

RADCLIFF BAILEY
Malgré sa formation initiale de sculpteur, Radcliff se définit avant tout comme un peintre qui aime expérimenter le mélange de genre et de media. Il explique que ses combinaisons sont des « medicine cabinet sculptures », des œuvres composites qui ont pour vocation de soigner les douleurs spirituelles et les maux de notre société. 



Homme plein de contrastes, il n’hésite pas à alterner travail sur des miniatures en papier et expérimentations de taille gigantesque sur des œuvres en 3D. C’est à Atlanta, sa ville d’origine, que j’ai eu le plaisir de découvrir le travail de celui qui est fier de ses origines et est largement inspiré par les traditions du Sud, les scientifiques, les pasteurs, les charlatans, les musiciens, les poètes et les inventeurs (dans l'ordre).


PLUS D'INFO sur son expo de fin 2011 à Atlanta: http://www.high.org/Art/Exhibitions/Radcliffe-Bailey.aspx

KUDZANI CHIURAI
J’ai déjà pu parler de Kudzani dans un post précédent, mais comme je ne me lasse pas de radoter, revoilà sa petite promo. Kudzani est un génie engagé, né au Zimbabwe et résident en Afrique du Sud, et un de ces artistes qui met son talent au service d’une cause simple: CHANGE !

Et si grands sont les besoins de changement dans un continent en proie à tous les mots maux, les compétences de l’artiste sont aussi répandues : peinture, réalisation cinématographique, musicale, graffiti, illustration, mode…you name it ! Sa touche plus : son ton humoristique légèrement acide qui lui évite le grand écueil de la victimisation. 



PLUS D'INFO: http://www.goodman-gallery.com/artists/kudzanaichiurai

MOSEKWA LANGA
Un autre artiste sud-africain, marqué lui aussi par l'apartheid et les injustices de la ségrégation raciale. Le traumatisme associé au racisme, à la dislocation, à la fuite et à l’exil sont les thèmes majeurs de son œuvre autobiographique.


Cependant Mosekwa préfère éviter les polémiques politiques afin de se concentrer sur ses sentiments personnels, l’idée de nostalgie et d’identité. Dans son travail on retrouve presque systématiquement un traitement en couches et en superpositions, qu’elles soient colorées ou comme délavées par une certaine mélancolie. J’aime beaucoup son esthétique simple et fragmentée.



NICHOLAS HLOBO
Volupté, structures massives et contrastes, le travail de Nicholas Hlobo peut surprendre autant qu’il peut plaire.  Ce talentueux sculpteur sud-africain a pu voir ses œuvres présentées à Londres, à  Cuba, à Oslo, à Sydney, avec partout la volonté de faire passer un message universel. Son art est en effet centré autour de l’idée de genre, de race et d’ethnicité, et surtout autour de celle que tous ces éléments peuvent coexister harmonieusement.


Il a une forte prédilection pour des matériaux qu’on n’associerait pas toujours ensemble : le caoutchouc et l’organza, les chambres à air et les rubans… Art is daring avec monsieur Hlobo !



Pour plus d'infos: http://www.stevenson.info/artists/hlobo.html

ANDRES SERRANO
Et pour finir, un photographe américain d’origine afro-cubaine qui est actuellement en résidence à Paris : Andres Serrano. Petite odeur de scandale et de shocking effect quand on cherche des infos sur Andres sur la toile. Et c’est peut-être ce qui rend son œuvre si attirante ! Il gagne en célébrité avec l’œuvre « Piss Christ », une photo rouge flamme d’un crucifix submergé dans un verre contenant son urine, et même sa série Cuba, présentée après un road trip de plusieurs semaines dans l’ile, est loin des traditionnelles photos de cartes postales.  Je ne sais pas trop quoi penser en regardant son travail, mais ne parvient pas à détourner le regard…c’est peut-être ça le propre du talent !




PLUS D'INFO: http://www.yvon-lambert.com/2012/?page_id=8989

lundi 25 novembre 2013

Esperanza Spalding- Une lueur d'espoir et une touche de notes subversives


This song will keep you grooving
(You gotta make moving)
Play it to lift your spirits
(Soon as you hear it)
Words are speaking through you
(As if they knew you)
Ooh, this song's the one

Radio Song, Esperanza Spalding


C’est sur le site internet de la radio TSF Jazz que j’ai découvert Esperanza Spalding. Et en fouillant sur la plus grande discothèque en ligne (YouTube donc) j’ai pris plaisir à apprécier les différents répertoires de cette contrebassiste américaine. J’ai aussi pu découvrir qu’Esperanza est un petit prodige musical qui a appris seule  à jouer du violon à l’âge de 5 ans, avant de se mettre à  la guitare, à  la clarinette, au hautbois et à la contrebasse, qu’elle a obtenu son premier contrat dans un club de blues à 15 ans, et qu'elle peut chanter en anglais, en espagnol et en portugais! Si après avoir lu ça on ne culpabilise pas de rester avachi, sans rien faire, sur le canapé... 


Pas étonnant donc que son univers musical soit aussi hétéroclite et audacieux : jazz, latin jazz, bossa nova et neo soul sont les terrains de jeu de celle qui refuse pourtant d’être considérée comme un phénomène. Trop modeste Esperanza, car son timbre  est à l’image de son instrument de prédilection : grave, rythmique et diablement envoûtant. Et ce sont toutes ces qualités qui lui ont valu de remporter le titre de meilleur nouvel artiste au Grammy Awards de 2011, alors que son principal concurrent était Justin Bieber… Ah ! Je partage avec vous quelques extraits de l’album qui lui a valu cette récompense : Chamber Music Society.



Perso, je suis fan du tube Radio Song, qui figure sur le quatrième et dernier album de l’artiste. Plus groovy, moins jazzy, mais tout aussi savoureux. J’aime les passages désarticulés qui viennent interrompre les passages plus doux de la chanson, et reste admirative devant ses capacités vocales. Swing léger et entraînant…J’adorerais entendre un remix sur fonds de musique de carnaval brésilien, je sens un grand potentiel dans une version samba de Radio Song !


Au final ce ne sont pas pour ses notes légères qu’Esperanza faisait récemment la une du site Internet de TSF, mais pour son engagement pour la fermeture du camp de Guatanamo. Cette fermeture, Barack l’avait promise, mais elle reste toujours un vœu pieux. « Time to find a real solution, justice for the men who should be free », nous dit la chanteuse dans son morceau "we are America".

Et dans son clip on remarque Stevie Wonder et Harry Belafonte, qui ont répondu présents comme pour cautionner ce qui est pour beaucoup une cause juste et urgente.  Esperanza nous dira sûrement encore une fois qu’elle n’a rien d’un prodige, mais je pense que son talent, et ses convictions font au moins honneur à son prénom. Esperanza signifie « espoir » en espagnol, et c’est vrai qu’elle m’a redonné envie d'espérer en un monde meilleur, et de croire en la théorie kantienne du génie : le génie est original, originel, et intègre le Beau dans toute forme d’art. Un peu comme Esperanza donc. 
#L’espoir fait vivre.


samedi 23 novembre 2013

Blerd Nation- Le droit à la différence 2.0

Comment peut-on parler de créativité en ligne sans citer le mouvement black nerd, comment ai-je pu rester silencieuse sur la question aussi longtemps ??! Un récent passage sur le site Xojane.com m’a rappelée combien cette tendance est aussi intéressante que peu documentée. Je me devais donc de partager avec vous les meilleurs liens pour vous aider à mieux l’appréhender, ou peut-être même pour vous aider à réveiller le geek qui sommeille en vous. 

Mais avant de parler black nerd, une petite parenthèse pour souligner combien je suis fan du webzine Xojane. Cette plateforme se définit comme le spa virtuel des femmes, le lieu où elles peuvent affirmer leurs identités propres, et s’exprimer en toute liberté. Pour être plus spécifique, et pour reprendre leur présentation disponible en ligne :

« xoJane.com is where women go when they are being selfish, and where their selfishness is applauded.This is not the place to find out how to please your husband, mom, kids or boss.
This is the place to indulge in what makes you feel good.

                                            Can the church says amen!!! 

N’hésitez donc pas à parcourir leur site et surtout à glousser joyeusement en parcourant la rubrique « Jane’s phone », qui est un sympathique vrai-faux live-feed (flux d’infos) d’une chroniqueuse déjantée. Et les commentaires des internautes s’inscrivent dans la droite ligne de la consigne éditoriale : fun-fun-fun !

Voilà, ça, c’est dit.

Ce matin je lisais donc sur ce site une très jolie diatribe d’une chroniqueuse qui regrettait le manque de personnages black dans la culture nerd et geek (comprendre l’univers croisé de la science-fiction, de l’informatique et des technologies). 

Une requête pas vraiment isolée puisque bien d’autres avant avaient déjà fait remarquer que les paysages audiovisuels et cinématographiques ou même vidéographiques ne mettaient pas suffisamment à l’honneur cette frange montante de noirs un peu intellos, un peu introvertis,mais experts en bidules électroniques ou surréalistes. Fans de comics books, de jeux vidéos ou de culture japonaise, et plus à l’aise devant des lignes de codes html que sur une piste de danse, ces dignes représentants de la génération Y peuvent d’autant plus surprendre qu’ils sont très loin des stéréotypes du noir cool, facétieux ou pro de hip-hop. 





Heureusement nos joyeux cérébraux se mobilisent et s’organisent sur un espace qui leur est cher : le world wide web. Sur internet ils se font appeler nerdettes,  afro-punks, ou blerds, et leurs ambassadeurs se nomment Andre Meadows, Jamie Broadnax ou Issa Rae. Examinons leurs revendications en quelques clics.

AKWARD BLACK GIRL
Issa rae a très bien mis en scène le quotidien d'une fille noire et maladroite dans un show hilarant que j'ai eu l'occasion de présenter dans un autre article. Dans cet épisode on découvre ainsi que Jay, le personnage qu'elle incarne, ne sait pas danser,  ou du moins a peur de se ridiculiser sur une piste de danse. Dans la série le personnage de Jay n'est pas vraiment l'archétype de la geek, car elle est plus pro de rap free style que de chimie moléculaire.


Cependant les témoignages de geek et blerd internautes qui disent se reconnaître dans quelques éléments de ce portrait, et ont chaleureusement remercié la réalisatrice pour sa web série, montrent encore une fois combien il y'avait un besoin de représentation. 

ANDRE MEADOWS
Un faux air de Steve Hurkel dans ces lunettes triple foyer, et une vraie passion pour Zelda, Power Rangers et la Nintendo Wii...Andre est la quintessence même du nerd!


Et il explique que si sa chaîne YouTube se nomme Black Nerd Comedy, ce n'est pas pour exclure ceux qui ne seraient pas noirs, mais pour expliquer combien les deux termes ont souvent été considérés comme antonymes. Et c'est principalement parcequ'il n'avait jamais l'impression d'être à la bonne que son enfance fut compliquée, et qu'il veut faciliter la vie des blerds des prochaines générations. Son souhait est donc de vulgariser ses hobbies et son mode de vie, et de rassurer ceux qui comme lui pensent être un cas anomal...you are not alone!


Jamie Broadnax 
Jamie tient plusieurs blogs depuis 2007, mais n'a créé le site Black Girl Nerds qu'en 2012. 


Son souhait était de créer un plate-forme de libre expression pour toutes celles qui ont été offusquées du choix de Ben Affleck pour jouer le rôle de Batman, recherchent des podcasts informatifs sur les jeux en ligne, s'enthousiasment quand Docteur Who fête ses 50 ans, et ne se reconnaissanent pas tant que ça dans des supports comme Essence ou Elle Magazine. Cette communauté est également très active sur Twitter, et est suivie sur les réseaux sociaux par des internautes qui ne sont ni black, ni fille, ni nerd...preuve que les black et nerdy girls ont su se rendre populaires!



Pour les plus intéressés, il existe sur le net quelques liens offrant plus d'informations sur ce mouvement. Tout d'abord un site internet plus global sur la communauté Black Nerd en ligne: http://blerdnation.com/about
Sur Pinterest ensuite, une chouette compilation d'images qui montre bien que l'heure n'est plus à la dissimulation: https://www.pinterest.com/afrokinkilove/black-nerd-blerd/. Sur  le site de TV Tropes, le catalogue et wiki du scénario de la science fiction, vous pourrez trouver une liste des quelques personnages de fiction noirs  http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Main/BlackAndNerdy  et enfin je me suis amusée à compiler toutes les actualités sur les black nerds sur Scoop it http://www.scoop.it/t/black-nerd-online

Bonne lecture à tous, et surtout restez tolérants.

#saynotobullying

vendredi 22 novembre 2013

Happy go Lucky- Le nouveau credo de Pharrell Williams

360 plans séquence
336 figurants et participants 
24 heures de visionnage vidéo
4 minutes de composition musicale
Oh, et accessoirement 1 chanteur au sourire facétieux

Pharrell Williams nous offre ici sa recette originale pour une dose de bonheur sur-vitaminé. Et peut-être bien aussi le secret de son élixir de jouvence: just be happy !  
A 40 ans, le producteur, chanteur et designer multi-facettes n’en finit jamais de nous surprendre et d’anticiper les plus folles tendances. Avec ce clip vidéo (encore que…ne faudrait-il pas une nouvelle terminologie pour ce type de projet ?) Pharrell crée un nouveau buzz sur tous les réseaux sociaux, et Happy est la vidéo sympa à poster sur le mur Facebook de vos amis pour leur souhaiter un bon début de week-end. Je pense d’ailleurs qu’on verra bientôt associer le classique TGIF (Thanks God It’s Friday) à un nouvel acronyme : TGFP (Thanks God For Pharrell) ! Alors, ce concept, de quoi s'agit-il?


Comme je l’ai montré dans ma présentation quasi arithmétique de départ, c’est avant tout une nouvelle façon de mettre en scène une composition musicale. Pharrell Williams s’est en effet entouré de deux créatifs réalisateurs français (woop-woop) qui ont exécuté un superbe petit film sur une musique quasi non interrompue, avec à l’honneur plusieurs centaines de danseurs et la ville de Los Angeles. 



Ce concept, c’est aussi une performance technologique sur un site internet dédié. En vous rendant sur le SITE vous pourrez découvrir cette fameuse timeline dont tout le monde parle. Une horloge dans laquelle le temps ne tourne pas vraiment rond puisqu'elle permet de parcourir les différentes heures de la vidéo en mode chill classique, ou fast-foward compulsif.
Ajoutez à cela un format original pour le dépôt de commentaires, des petits boutons pour partager l'application sur YouTube et Twitter, et enfin une touche de jaune acidulée en référence au climat californien, et vous comprendrez mieux le caractère uber cool de ce clip!

Au final le projet vidéo est tellement original qu’on oublierait presque que ce nouveau morceau est intrinsèquement rafraîchissant musicalement. Les tonalités gospel et rétro soul sont ponctuées de notes électro entraînantes, et le texte résonne pareillement comme une ode à la joie anti-conformiste (on dit non à la grisaille et à la mauvaise humeur!) et résolument optimiste :



Mon passage préféré: 

Come along if you feel like a room without a roof

Because I'm happy... 

Clap along if you feel like happiness is the truth

Because I'm happy... 

A noter que cette nouvelle chanson appartient à la bande originale du film “Moi, moche et méchant- 2” (Despictable me- 2), qui est par ailleurs un grand succès au cinéma. Au cours d’une interview à cœur ouvert, Pharrell a pu expliquer au webzine Comic Book Ressources sa motivation derrière cette nouvelle collaboration avec Illumination Entertainment 
On apprend ainsi que si le chanteur est bien sûr un fan de comics et de dessins animés de la première heure, il fut surtout ravi de collaborer à la diffusion d’un nouveau message.

Les créateurs du film voulaient en effet développer un personnage (Gru) qui incarne la bonne humeur et la bonne attitude. C’est aussi la ligne directrice de ce deuxième volet, qui est une réponse au constat que nous vivons une situation paradoxale : notre société est de plus en plus connectée grâce à internet…mais aussi de plus en plus insensible, dure et triste à cause de l'ultra médiatisation et banalisation des tragédies diverses .

Celui qui est plus connu par les novices pour ses gros hits en partenariat avec Daft Punk (Get Lucky) et Robin Thicke (Blurred Lines) avait déjà dessiné une nouvelle esthétique dans l’envionnement hip-hop, avec son groupe The Neptunes. Espérons que ce nouveau souffle coloré, universel et positif inspirera la scène pop de la même manière. Happy is the new chic, qu'on se le dise!

jeudi 21 novembre 2013

Ave Ava Duvernay- Je vous salue ô talentueuse confectionneuse d’images

Je vous l’ai déjà dit, Ava Duvernay est la petite réalisatrice qui monte aux États-Unis. Elle a encore gagné en notoriété en remportant le prix de meilleur réalisateur au festival du film de Sundance. Sundance, c'est le grand festival américain de film indépendant, l’une des plus importantes rencontres au monde dans l'univers cinématographique. C’est pour son second long-métrage, Middle of Nowhere, que la réalisatrice a été récompensée en 2012, avant d'être nommée membre du conseil d'administration du même festival en 2013.

Grâce à ce film qui retrace le parcours et les luttes de l’épouse d’un incarcéré, elle a également réussi à sensibiliser la responsable de la Commission des Communications Fédérales qui a décidé après avoir visionné ce film, de baisser le coût des appels téléphoniques pour les incarcérés tentant de joindre leurs familles à partir des prisons américaines.



Ava Duvernay a ensuite enchaîné avec un nouveau projet ambitieux, Selma, un biopic consacré à la vie de Martin Luther King et à l’année 1965, qui fut une date phare dans la lutte pour les droits civiques.


Ce serait Brad Pitt lui-même (qui est un des producteurs du film via sa société Plan B) qui l’aurait sélectionné pour ce poste : lucky girl ! 

Et busy girl aussi… Car c’est pour une tout autre actualité que miss DuVernay affole les réseaux sociaux. Son dernier coup de maître : l’épisode #308 de Scandal, la série hit de la chaîne ABC. Je ne commenterai pas ici l’épisode pour éviter tout filtrage d’information, mais vous laisse savourer la petite bande-annonce. Ce nouveau support est à mon avis tout trouvé pour la réalisatrice qui maîtrise le sens de l’intrigue et des effets dramatiques.



Aaahhh... j’aurais adoré assister aux échanges entre Eva et Kerry pendant le tournage, car les deux femmes partagent les mêmes engagements et la même passion. Le nom d’Ava DuVernay vient donc se positionner en tête de liste sur mon répertoire virtuel de confectionneurs d’images en quête de sens (juste après Lee Daniels) ... et j’en suis d’autant plus heureuse que ce confectionneur est une femme!

#Go gladiators ^_^


TBT- Flashback et Flashdance virtuelle

Une fois n’est pas coutume, je partage une photo perso. J’ai en effet décidé de vous offrir un petit instantané qui, comme son nom l’indique, a su capturer un instant « feeling the music » de ma jeunesse. Je ne sais plus trop bien sur quel morceau je faisais rebondir mon (lourd) afro, mais une chose est sûre, j’avais déjà en tête ce qui deviendra mon adage préféré : « Dance like nobody's watching.» 

Outre mon air profondément studieux, on ne peut s’empêcher d’admirer ce qui fut un grand classique des années 80, et tente de faire un dangereux come-back en cet hiver offensif : la petite jupe tube stretch (PJTS)! Dans les eighties on était audacieux, excentrique, fier de son fluo, de ses strass, de sa silhouette en X, de sa jupe indécemment courte et serrée...et surtout, on aimait danser!


Alors forcément la vue de ce petit accessoire vestimentaire réveille en moi tout un tas de souvenirs et de flashbacks musicaux qui sont parfaitement appropriés pour ce Throwback Thursday . Whitney, Christiane,Jane, Dominique, Diana…toutes ont succombé à la PJTS. Et aussi comprimées  étaient-elles ces tenues, elles n’empêchaient pas d’effectuer des chorégraphies des plus étudiées….La preuve en images !

PJTS et épaulettes démesurées- le cas Whithney

« I wanna dance with somebody(who loves me)"- la mention entre parenthèses a une grande importance- est le premier single du deuxième album de Whitney Houston qui sort en 1987. Ce morceau n’est pas sans rappeler le tube « Girls just want to have fun » de Cindy Lauper qui apparaît un an plus tôt, mais est au départ assez mal reçu par la critique. Au final le savoureux arrangement dance-pop devient un des morceaux phares des années 80 et le clip traduit bien l’ambiance de l’époque : fun, couleur et symétrie !


Bling-bling, superpositions et PJTS- le cas Zouk Machine
L’aventure du trio venu de Guadeloupe prend une folle dimension dans les années 80, après leur signature chez BMG. Leur album compilation (sorti en 1990) est certifié Disque de platine et elles se produisent au Zénith de Paris ainsi que sur les plateaux des émissions de télévision françaises. Alors forcément elles n'hésitent pas à sortir l'artillerie lourde à chacun de leurs passages!

J’adore le mélange de douce sensualité dans la danse, et de forte affirmation de soi dans les paroles : « ou toujou ka decidé, me moman la rivé, fo pa ou di mwen ayen ou sav jou la sa sé tan mwen/c’est toujours toi qui décide, mais le moment est arrivé, tu ne dois rien me dire cette fois-ci car tu sais que maintenant c’est à mon tour. » Ben oui, jupe stretch ne veut pas dire esprit étroit également!



Minimalisme et PJTS- Le cas Diana Ross

Un faux air de rétro made in the 60s dans ce clip en noir et blanc, mais il fut pourtant tourné en 1985.


Certain éléments visuels remontant à l'époque des Suprêmes ont en fait été introduits au montage, et on y voit une Diana Ross trend setteuse, car déja porteuse de la fameuse PJTS. On est loin du beat de "Upside Down" dans cette chanson, mais sa mélodie soul entraînante lui vaudra d'être élue single#1 en Angleterre et en Australie en 1986. Au final Diana Ross sera plus connue pour ses folles tenues disco et longues robes à paillettes, mais je tenais également à rendre hommage à sa légereté d'exécution et à sa stature de diva, même avec des styles courts et simples. 


Encore une fois, merci à YouTube (et merci aux YouTubeurs!) pour cet accès facilité à tout ce fantastique contenu musical, et pour ces sauts dans le temps à portée de clics!

dimanche 17 novembre 2013

Tumi Molekane – Au profondeur du groove poétique sud-africain

Ma trouvaille du jour se nomme Tumi Molekane. Tumi est un poète et rappeur sud-africain  que j’ai découvert lors d’un concert organisé dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale. Et au risque de friser le mauvais goût, j’ai envie de dire « Tumi, tu m’a tuée ! » J’ai en effet été bouleversée  par l’univers cosmique de l’artiste, sa profonde sensibilité poétique et ses influences musicales diverses. Roulement de percussions des musiques africaines traditionnelles associées à des arrangements électroniques plus contemporains...ses compositions sont une ode aux musiques de son enfance et au synthé-basse 808 du hip hop actuel, genius!


Un syncrétisme naturel qui vous transporte de Johannesburg aux autres planques urbaines du monde où l'on tente d'étouffer et cacher la misère. Bref, Tumi c’est l’homme de la fusion. Et il l’a montré sur scène en enchaînant petits pas de break dance et claquements de gumboot dancing. Le gumboot, qu'est-ce que c'est? C’est cette danse percussive qui se pratique à l'aide de bottes de caoutchouc. Elle a pris naissance durant l'Apartheid, auprès des mineurs noirs d’Afrique du Sud, et était leur mode de communication pour tenter de rendre moins pénibles leurs conditions de travail. Chaque claquement entre les différents éléments situés à portée (bottes, chaînes, surface de l'eau, sol) était comme une réponse à l’enchaînement, l’humidité, l’obscurité… et surtout à l’interdiction de parler.


Tumi se fait pareillement le relais de ceux qui n’ont pas de voix. L’artiste appartient à ce mouvement  de hip-hop conscient et engagé, loin du hip-hop sexiste et commercial qui pollue pullule sur la scène grand public. Et c’est pour cela qu’il est plus facile de trouver des informations sur lui via internet, que via les canaux traditionnels. Son empreinte digitale donne à  voir le regard que le poète porte sur la société qui l’entoure, mais aussi sur les pays qu’il a pu découvrir au cours de ses concerts et voyages en Afrique, et dans le reste du monde.  Il a ainsi réalisé un film documentaire qui montre les 1000 facettes d’un continent riche et multiple, au travers de ses musiques et des artistes qui y sont célébrés.



En parcourant les tags Tumblr qui mentionnent Tumi, on découvre aussi des fans venus d’ici et d’ailleurs, qui admirent avec la même ferveur l’environnement esthétique et musical d’un artiste reconnu pour la qualité de ses performances live: http://www.tumblr.com/tagged/tumi-molekane


Ce qu’il faut retenir de Tumi enfin, ce sont ses interrogations graves et spirituelles qui nous ramènent à la genèse du hip-hop.  Comme dans le morceau Asinamali qu’il ponctue du refrain suivant : « I can’t decide if it’s the money that put a low price tag on your soul/I can’t decide if it’s the money that get the people going out of control.” Pour la petite histoire "Asinamali" signifie "nous n'avons pas d'argent" et était souvent le refrain utilisé pendant les marches et luttes contre l'apartheid. L'apartheid, c'est fini, mais il reste encore beaucoup à faire pour faire disparaitre la misère en Afrique du Sud. Et le chanteur nous le rappelle avec son flow percutant. 


Bref, choisissez Tumi pour ne pas groover bêtement!