Symbole de féminité, de trésor précieux ou de surprise, la boîte
(ou "box" pour faire plus "swell") a su s’affranchir de son aspect mystérieux en se
démocratisant sur le web. Et ce qui fut un des éléments récurrents des contes
et légendes qui ont bercé mon enfance de petite fille romantique n’est plus qu’à
portée de clics grâce à des initiatives comme la box beauté de Nana’s Secrets. La formule du coffret beauté est maintenant bien connue: je m'abonne à partir du site internet, je reçois la box chez moi, et je profite des petites surprises sélectionnées chaque mois pour me chouchouter, ou faire plaisir aux copines.
Sauf que la boîte de Nana's Secrets est un peu plus originale que les autres. Dans cette box on retrouve en effet toute la magie du terroir africain et de quoi se
transformer en princesse ethnique ... sans avoir à embrasser une grenouille fouisseuse! Des bougies de massage au karité, des créations
bijoux en bois et wax, des gels douches chocolat ou encore des bins bins, ces
ceintures de perle sénégalaises utilisées pour souligner la taille. Voilà autant d’exemples des nombreux secrets que
Léna Gnininvi, la créatrice du concept, se propose de vous dévoiler.
Certains
se souviennent peut-être de mon enthousiaste article révélant (voir ici) les parcours des candidates
à l’aventure « l’Incubateur », la nouvelle émission de June TV. J’expliquais
que Léna faisait partie des heureuses sélectionnées parmi les nombreuses entreprenantes
qui se distinguent désormais sur Internet. Celle-ci a pu s’exprimer auparavant
sur ses motivations et les objectifs
derrière ce concept : envie de produits innovants adaptés aux femmes
noires, envie de penser la beauté au-delà du make-up et des produits
capillaires et envie de permettre aux femmes d’apprécier la qualité de réalisation et la créativité des nouveaux créateurs.
En grande amatrice de réseaux sociaux que je suis, je remarque avec beaucoup de plaisir les efforts visibles de promotion et de diffusion de la Nana's Box via les blogs et sites Internet. Bien loin du simple plaisir de consommer, je pense qu'il faut voir dans cette solidarité online la preuve que certaines aiment bien se refiler des bons plans qui font bien au corps...et à l'âme. Et pour rester dans cette ambiance BFF (best female friends forever) je partage avec vous une information sur la nouvelle Nana's Secrets Party.
Cet évènement se déroulera les 1er et 2 Février, dans le 9ème arrondissement de Paris, et promet d'être plein de bonnes surprises! Au programme des expo-ventes de mode, beauté et déco ethniques, des ateliers make-up et des shootings photos offerts...Bref, un week-end girlfriends qui ferait pâlir d'envie Joan Clayton et ses acolytes. L'entrée est gratuite sur simple réservation, et tous les renseignements sur ces deux jours sont disponibles sur la page Facebook de Nana's Secrets (petit lien ICI). Et puis parce que je n'ai pas pu m'empêcher de fredonner le nouveau tube de Jade De LaFleur en rédigeant cet article, je vous laisse avec un son groove RnB et sexy: Brown Box. Enjoy!
Eh! Children get your culture (Natty Dreadlock)
And don't stay there and gesture, a-ah, (Natty Dreadlock)
Or the battle will be hotter (Natty Dreadlock)
And you won't get no supper. (Natty Dreadlock)
Bob Marley
And happy 1st
locs anniversary to me!
Le 23 Janvier 2013, je démarrais un nouveau chapitre
de ma vie. Un chapitre que je me plais à appeler ma locs journey. Les 365
premiers jours de cette inquiétante mais excitante odyssée furent ponctués de petites épreuves
qui m’ont permis de développer de
nouvelles vertus : patience, humilité, créativité et curiosité. Ils m'ont également permis de mieux apprécier les informations et conseils aujourd'hui disponibles sur le web. Les mots braid out, castor oil, retwist, bantu knot, palmrolling n'ont désormais plus de secret pour moi, et c'est surtout grâce à Internet. J'ai appris à faire le tri entre produits organiques et vilaines formules chimiques, et me suis lancée dans des préparations d'huile capillaires faites maison ... au risque de passer pour une illuminée Amish! Et j'ai enfin découvert le plaisir de réaliser mes propres coiffures alors que ma seule expérience dans ce domaine avait été conclue par une tête de poupée carbonisée (RIP) 20 ans auparavant.
Mais si les 3 lettres DIY (do it yourself) ont maintenant beaucoup plus de sens pour moi, c'est parce que je l'associe à un autre acronyme: TGIF=> Thanks God (for my) Internet Friends! Et plus encore for my friend Google, que je n'ai pas hésité pas à consulter toutes les fois où j'avais un doute. Because sharing is caring, j'ai décidé aujourd'hui de partager les pages et contacts des vlogueurs qui m'ont inspirée, rassurée ou tout simplement fait rêver.
Haitian Hunny
Natacha est une vlogueuse qui "sévit" sous le nom de "Haïtian Hunny", et c'est l'une des premières références que j'ai pu découvrir sur YouTube. Son énergie positive et contagieuse sont les premiers éléments qu'on remarque en découvrant l'univers de celle qui dit être fan de papillons et de bindis. Et cette confidence n'est pas anecdotique car les deux éléments représentent la métamorphose et le bonheur. Natacha a effectué un impressionnant travail de curation, rassemblant des tonnes d'images de modèles locksés et stylés, et surtout différentes vidéos qui documentent en détails sa propre locks journey démarrée en 2008.
BronzeGoddess 01
Shawnda Patterson a une formation de chef cuisiner mais était sûrement destinée à être le talentueux pygmalion virtuel qu'elle est devenue. Son grand sourire accompagne toujours ses recommandations dans des domaines aussi variés que le make up, la mode, les relations amoureuses ou les coiffures locs, et c'est sûrement ce qui lui aura permis de rassembler plus de 50 000 abonnés autour de sa chaîne YouTube. Son autre marque de fabrique c'est un ton dynamique et mordant que vous pourrez découvrir via le lien suivant.
Milly D.
Les francophones seront ravis de découvrir la chaîne de Milène Dahomais (Milly pour les intimes), une guadeloupéenne pétillante et pleine de ressources. Milly s'est séparée de ses locks en 2012 mais nous a légué une vingtaine de vidéos dans lesquelles elle partage ses bons plans shampoing, coiffure ou headwrap. Son vlog qu'elle anime depuis 2010 fait également la part belle aux astuces beauté et à l'épanouissement personnel. Et comme miss Milly semble avoir un million de bonnes idées, elle a organisée en Août 2013, en Guadeloupe, une journée consacrée au bien-être au naturel: le Salon Natyrèl Beauty.
Chescaleigh
Et pour finir je souhaitais refaire l'éloge de Chescaleigh, une vlogeuse qui mobilise des dizaines de milliers de fans sur ses pages YouTube et Facebook. J'ai déjà eu l'occasion de décrire ses talents de touche à touche dans un article précédent (relire ICI) et ne pourrai que réitérer mes recueillements d'alors. Chesca est comme elle le décrit dans sa signature de "marque": smart, honest, funny! Malgré sa médiatisation croissante la vlogueuse s'efforce de répondre aux questions, commentaires, inquiétudes de ses abonnés et reste une grande adepte de styles simples et faciles à réaliser. Elle incarne également cette nouvelle génération de lokcsées décomplexées, funky et modernes, loin de toute revendication identitaire ou pseudo-spirituelle...And I like that!
Sharing is Caring and...Inspiring. Je me réjouis de la créativité toujours plus audacieuse de toutes ces mordues de locs et du numérique. Et parce que la féminité et la beauté naturelle ont décidé de s'écrire au digital, j'ai envie de conclure: woot/w00t !
Le petit jeu de chassé-croisé entre YouTube et les chaînes
de télévision payantes pourrait bien se solder par une grande victoire pour les
internautes et téléspectateurs. Pourquoi? Parce qu'on assiste à une fusion croissante des deux canaux. Pour beaucoup de réalisateurs en herbe, YouTube est un formidable laboratoire d’images qui permet de tester des scénarios
atypiques, décalés ou non-conformistes. C’est aussi un espace d’expression libre, sans contrainte
commerciale, et qui permet à la créativité de s'affranchir des logiques
d’audimat, des mesures de part d’audience, des compositions socio-démographiques
des foyers ou pire encore…des raideurs des annonceurs publicitaires.
Ce nouveau média beaucoup plus social a modifié notre manière de
« consommer » du contenu audiovisuel. Et entre les « stop »,
« play » et « rewind », les spectateurs connectés
deviennent vite des fans interconnectés. Ça, les créateurs de Black & SexyTV l’ont bien compris quand ils ont choisi « d’occupy » la chaîne
interactive dès 2011 afin de partager des fictions loin des caricatures
généralement véhiculées sur les autres chaînes.
Trois ans après, le
collectif de réalisateurs et d’acteurs est prêt à sauter le pas, et à devenir mainstream grâce à un partenariat conclu avec la chaîne HBO. On
n’en sait pas trop encore sur les détails du deal, mais la série sélectionnée pour cette première diffusion sera The Couple et il se murmure que Spike
Lee sera le producteur exécutif… Je sens un beau bijou artistique
en gestation !
Il n’est plus nécessaire de présenter Spike Lee, mais je n’aurais
qu’une recommandation pour les non-initiés en web séries: courez sur YouTube et
commencez par The Couple! La fiction est une des très nombreuses productions du
collectif Black & Sexy TV, une marque née en 2008. A l’origine de ce collectif on retrouve Dennis Dortch, un réalisateur qui a eu envie d’en faire un peu plus
après le succès de la présentation de son film « A Good Day to be Black
& Sexy » au festival Sundance Film. Envie d’offrir plus d'images progressistes,
séduisantes, un brin glamour mais aussi accessibles. Et c’est ainsi qu’est née The Couple. La série est un regard hilarant sur les relations amoureuses à l’épreuve des
contingences domestiques, sur la délicate danse entre séduction et réveil de la
flamme, et sur la vie en général ! Les deux personnages principaux
répondent aux noms de code « Dude » (mec) et « Chick » (nana),
ce qui rend leurs situations très transposables. Interprétés par les acteurs Numa
Perrier et Desmond Faison, dont les talents d’interprétation
et l’alchimie palpable crèvent l’écran, Dude et Chick déclenchent en moyenne 50 000
passages à chaque épisode. La narration n'est jamais linéaire, et rarement prévisible. Dur de résumer l'intrigue principale ou d'en dire plus sur les traits de caractère de chacun, mais je vous laisse avec mon épisode favori: The Moo-Moo.
Qu’est-ce qui fait le charme de cette fiction ? Peut-être
le grand réalisme des histoires et la prétendue simplicité de réalisation :
pas d’effets spéciaux, pas de situations fantasques, pas de surcharges d’interprétation…Mais
au contraire des répliques finement juxtaposées, des jeux d’acteurs hyper subtils
et surtout une magnifique bande sonore soul et R&B.
Mention spéciale pour l'actrice et réalisatrice Numa Perrier qui est la figure de proue d'une équipe qui a multiplié les initiatives originales pour lever des fonds et promouvoir la marque. Tantôt via Kickstarter, tantot via des shows live sur YouTube,ou encore via des soirées organisées dans plusieurs villes aux Etats-Unis afin de remercier les fans. L'enthousiasme général sur YouTube, Twitter et YouTube suite à l'annonce du partenariat avec HBO montre bien le sincère et profond engagement des supporters. J'ai malgré tout une petite appréhension, comme certains, car expansion veut souvent dire changement drastique...et j'espère que la marque saura rester fidèle à ses valeurs d'origine. Rendez-vous dans quelques mois pour un premier bilan!
Récemment une de mes amies (appelons-la Blue Ivy pour les besoins de cet article…et
pour le fun !) publiait sur son mur Facebook une requête que je jugeais
alors aussi farfelue qu’intéressante:
“My
wishes for Web content:
A
"view all in one page" option, easy to read font, no slide shows, no
auto-play videos, and no gif ads. I'm a simple woman with simple wishes.”
Pourquoi l´ai-je trouvé farfelu ce souhait? Parce qu à l’heure où les sites à fort trafic tentent de démontrer
leur supériorité en multipliant effets graphiques et contenus interactifs
innovants, et sont surtout hyper pollués et envahis de bannières publicitaires intrusives (this
is for you YouTube !), il serait presque risible de penser que l’on puisse
revenir un jour à des pages Internet
simples et édulcorées. Cette pétition est pourtant une demande croissante d’internautes
dépités et lasses de devoir cliquer, scroller, ou jongler entre les pubs pour
arriver à un contenu de qualité.
Et dans cette grande surenchère et
confusion digitale, quelques publications tentent de répondre à cette demande croissante. Par exemple
le magazine musical Pitchfork, un nouveau cas d’école recommandé par mon amie
Blue Ivy elle-même (on n’est jamais mieux servi que par soi-même !) trop heureuse de découvrir le site pitchfork.com après avoir publié son post. Les journalistes du magazine Pitchfork sont surtout connus par les aficionados de musique indépendante pour leurs critiques musicales quotidiennes sur internet, et leurs redoutables notations d'albums et singles. Sur son site le magazine propose des articles textes et vidéos au format classique, mais aussi des articles spéciaux qui ne sont pas sans rappeler l'époque des beaux reportages sur papier glacé. Présentés sous la forme de contenu multimédia épuré et très esthétique, ce sont ces articles qui créent la différence. J´ai ainsi découvert une magnifique interview de Janelle Monae qui a fait appel à des ingrédients très simples : une image en plein écran, une typo simple et lisible, une playlist facultative et surtout un entretien intimiste et minutieusement retranscrit qui permet de mieux apprécier le parcours de la chanteuse.
Et c’est là que je dois faire une petite confession : je n’avais jamais trop compris l’engouement pour cet artiste, ou réussi
à apprécier plus que sa coiffure Pompadour… Mais après avoir lu, regardé et écouté
cette ode à Janelle Monae, je pense être beaucoup plus
sensible à son univers musical et créatif.
Qui est exactement celle qui n'est pas sans rappeler le titre de son dernier album, une « Electric Lady » ?
Un ovni entre pop commerciale et musique indépendante
tout d’abord. Car on nous rappelle que la protégée de Sean Combs (aka Puff
Daddy) et Outkast a encore du mal à se
faire inviter sur les grandes scènes musicales, comme les BET Awards. Il aura
fallu un coup de fil de Prince au président de BET pour l’inclure dans la
programmation de la soirée.
L’artiste souvent jugée trop atypique ou cérébrale a dûprocéder à des expérimentations non orthodoxes pour son deuxième
album. Il fut ainsi envoyé en cours d’élaboration dans des bars de strip-tease afin de voir si les « danseuses » sauraient apprécier le groove des
nouveaux morceaux. Janelle, si discrète d’ordinaire, partage également dans cet
entretien quelques confessions sur une rupture amoureuse qui l’a ébranlée, avoue
avoir entamé une thérapie et avoir tout un tas de troubles obsessionnels compulsifs.
On peut également mieux comprendre sa volonté de redéfinir la musique R&B mainstream et d’offrir un son plus novateur, plus
futuriste, plus ambitieux. Elle cite Steve Jobs ou la dernière exposition de
David Bowie à Londres pour expliquer ses influences.
Celle qui a grandi dans un
foyer modeste, un peu chaotique et a cumulé les petits boulots afin de pouvoir réaliser
ses rêves explique que c’est en se protégeant derrière des excentricités
artistiques qu’elle a su se forger un cocon et un univers.
Son style vestimentaire
qui a fait d’elle une icône adulée par beaucoup, dont Karl Lagerfel (the one and only), est d’ailleurs
un hommage à ses parents qui ont dû porter au travail un uniforme (bien moins glamour) pendant de nombreuses années. Que de surprises à
la lecture de toutes ces confidences, et encore une fois le format plein-écran
de l’article est idéal pour prendre le temps de lire, parcourir les références sans stress, et se
concentrer sur la musique de l’artiste sans être distrait ou tenté de suivre un
lien ou un pop-up taquin.
J’ai fini ma
lecture en faisant plus attention aux portraits d’illustration et à la beauté singulière
de la chanteuse, et ai envie de poursuivre cette exploration via YouTube. Merci donc à mon amie Blue Ivy (ha ha ha) et au site
pitchfork.com pour un beau moment d’esthétisme digital et musical.
Le 7 Janvier 1891 naissait Zora Neale Hurston au fin fonds de l’Alabama.
Le 7 Janvier 2014 Google lui rendait hommage sur le world wide web (page d'accès US), via un Doodle adapté pour l’occasion.
Le statut de modèle pour Doodle (dessin utilisé temporairement par le moteur de recherche Google) étant réservé aux plus grandes figures historiques (Charlie Chaplin, Jules Verne...Pac-Man!), c'est donc un magnifique honneur qui est fait à Mrs Huston.
Qu'apprend-on en cliquant sur le lien hypertexte et en lisant la description du personnage célébré? Tout d'abord que Zora est un écrivain qui a participé au mouvement Harlem Shake Renaissance.
Quand Harlem était
encore Harlem, ce quartier était un foyer d'expression culturelle, de production artistique
et surtout de création de littérature noire-américaine. Entre les deux-guerres,
pour tenter de mieux faire face à la pauvreté et aux difficultés d’intégration,
on multiplie les œuvres qui parlent
d’identité noire, de folklore africain ou encore d’idéologie de justice.Et grâce au soutien de mécènes et au succès croissant des écrivains du mouvement du Harlem Renaissance, la littérature noire-américaine va bénéficier d'une certaine reconnaissance et d'une plus grande diffusion.
Après des études en anthropologie, Zora devient une des figures fortes de ce mouvement et participe àla création du magazine littéraire Fire!! Comme son nom le laisse le deviner, on y parle de sujets qui peuvent déranger: l’homosexualité, les relations interraciales, la prostitution, ou encore les préjugés sur la couleur de peau au sein de la communauté noire elle-même. Bien loin de l’image complaisante du noir pondéré et sophistiqué, le magazine dérange et les ventes périclitent.
Parallèlement Zora écrit des
romans, dont un en 1937 qui suscitera la controverse lui aussi: Their Eyes Were
Watching God. Elle y raconte l’histoire de Janie Crawford, une femme forte et libre malgré les drames dont elle est victime tout au long de sa vie. Ce qui frappe dans ce livre c’est la complexité des
relations humaines, et surtout des relations hommes-femmes dans la Floride
pauvre et désabusée de ce début de XXème siècle. Le roman a été depuis adapté en film, avec Halle Berry dans la peau du personnage principal… Et pour
une fois la performance de l’actrice a réussià me convaincre !
Their Eyes Were Watching God a pourtant été très mal reçu
par la critique de l’époque, qui lui reprochait ses descriptions
caricaturales d’une communauté noire inculte. Malgré la publication d'autres ouvrages Zora ne rencontre malheureusement pas le
succès qu’elle mérite de son vivant, et est enterrée anonymement après avoir succombé à une crise cardiaque. So sad…
C´est la romancière Alice Walker (l'auteur de La Couleur Pourpre) qui retrouve sa tombe en 1973, et décide de lui offrir une reconnaissance posthume. Elle publie un
article qui célèbre son style et sa capacité de retranscription phonétique du
dialecte des noirs d'origine africaine et caribéenne de l’époque, et lui assure ainsi une visibilité internationale. Son œuvre est depuis devenu un classique des programmes universitaires littéraires. Et je
pense que le fait que Zora soit aujourd’hui potentiellement mise à l’honneur
devant les 65% d’américains qui utilisent Google comme leur moteur de recherche
est une sacrée revanche sur la vie !
Petite information rafraîchissante prise à la volée sur mon compte Twitter : June TV met à l'honneur les femmes qui ont toujours rêvé de négociations à la JR Ewing et ont décidé de monter leurs propres boîtes. L'Incubateur est un nouveau programme qui propose de suivre l’aventure de jeunes entrepreneuses chaque lundi, et ce pendant 6 semaines. Et par la même occasion la chaîne se met à l’heure du commerce 2.0, et met l'accent sur une tendance certaine : business et success se conjuguent maintenant au futur digital!
Moi qui étais jadis une téléphage frisant la dépendance pathologique ("Confiteor"), je passe aujourd’hui plus de temps derrière mon écran tactile que devant le petit écran.
Pas assez de contenu affriolant, des histoires frisant la caricature, la multiplication d’émissions de télé réalité sans profondeur… toutes ces dérives sont autant de raisons pour lesquelles j’ai décidé de boycotter ma télé et d’offrir mon temps de cerveau disponible à d’autres. Mais ce nouveau programme pourrait presque me faire changer d’avis. Le concept est super innovant : 50 filles entreprenantes, des coachs experts en accélération d’entreprise et 1 docu-réalité dans lequel on parle business plan, investissement et promotion marketing … Fresh ! Le motto de June TV c’est « la chaîne qui donne envie d’être une fille », mais je pense qu’avec ce nouveau programme il faut comprendre en filigrane « une fille volontaire et passionnée».
Parmi les projets retenus j’ai noté tout un tas d’initiatives inédites et convaincantes. Mais pour rester dans la ligne de ce blog j’ai choisi de me concentrer sur ces 4 candidates.
Le concept: un webzine 100% afro fondé en 2011. Un lieu d’échange et d’informations sur les thèmes de la mode, la beauté, la culture et les sujets de société, mais aussi un forum (intitulé « les derniers bla-blas »… j’adore !) qui permet à beaucoup de partager, s’interroger ou juste de s'encourager.
Nom : Léna Gnininvi
Site Internet : nanasecrets.com Compte Twitter : @Nanasecrets_FR
Le concept : Pour aller plus loin dans le format des beauty box, Nanasecrets propose de recevoir à domicile 5 articles de beauté inspirés du terroir africain.Ces petits colis pleins de soleil sont aussi remplis de soins, de produits capillaires, de bijoux, ou encore de cosmétiques qui répondent à nos besoins, ou qui donnent de nouvelles envies.
Nom : Celine Fotso Site Internet : jewanda-magazine.com Compte Twitter : @CelineFotso
Le concept : Un support interactif de divertissement et d’actualité culturelle dédié à la jeunesse africaine et à tous ceux qui s’intéressent à la culture, la musique, la mode, le design et le high-tech venus d’Afrique.
Nom : Laurence Lascary
Site Internet :dacp.fr Compte Twitter : @lascary_dacp
Le concept : la société de production audiovisuelle "De l'autre côté du périph'" est une petite centrale d´incubation de courts et longs métrages, des documentaires, des séries et des magazines TV. La singularité de cette société est qu’elle a cœur de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs aux parcours et aux origines divers.
Je pensais pouvoir dévoiler dans cet article mon coup de cœur parmi ces 4 initiatives. Mais bien que très différentes, je les trouve toutes captivantes. Je suivrai donc avec beaucoup d’intérêt ces infatigables business women. A mes yeux, elles sont déjà toutes gagnantes: elles ont démontré que le talent et l’innovation permettent de faire la différence on-line et off-line.
Splendide, époustouflante, majestueuse, … Et il
faudrait ajouter à cette liste d’adjectifs des superlatifs tout aussi
circonstanciés pour transcrire la pluie d’éloges accolés au nom de Teyonah
Parris sur Internet. Moi j’oserais une description moins solennelle, mais tout
aussi chaleureuse: Teyonah est uber fly !
Depuis quelques mois déjà l’actrice ébranle les réseaux sociaux et est la nouvelle coqueluche des magazines de mode et de divertissement. Alors, pourquoi tout ce
raffut ? Tout d’abord parce qu’elle a rejoint depuis le mois d’Avril le
casting de la série Mad Men. Elle joue le rôle de Dawn Chambers, la première
employée afro-américaine de l’agence de Sterling Cooper Draper Pryce.
Elle est devenue par la même occasion le
premier personnage noir récurrent du show qui célébrait en 2013 sa 6ème saison.
Comme toujours le script de Mad Men s’adapte aux évolutions de l’environnement socio-culturel
de Manhattan, et cette nouvelle saison permet de mieux appréhender la lutte
pour les droits civiques et les tensions qui ont caractérisé la fin des années
1960. Malgré la forte attente du public et les pressions diverses, j’apprécie le
flegmatisme dont Teyonah fait preuve dans une interview recueillie par
Vulture.com, l’un des petits supports digitaux du New York Magazine.
I know that this show
hasn’t had an African-American in the office and I know that comes with a lot
of responsibility as to how I portray this woman, but I can’t think about that.
I can only go in and do what I think this woman would do. I try not to think,Oh, I have to represent every single black person
in the world that was there in the sixties. I
have to tell this one woman’s story and what that was for her.
Le personnage de Dawn Chambers a également l’infortune
d’être embauchée en tant qu’assistante de Don Drapers. Ceux qui suivent la série
connaissent son triste record...et savent combien cette position peut être
ingrate.
Au-delà de ces petites questions d’intendance, des sujets comme l’assassinat
de Martin Luther King ou les ambitions professionnelles d’une femme célibataire
ont également été traités avec beaucoup de finesse, et ont déchaîné les réactions et
commentaires de doubles surfeurs (internet et télévision) enthousiastes.
L’autre raison de l’exaltation de ces nouveaux
fans, c’est le swag capillaire d’une actrice qui n’hésite pas à afficher ses
boucles naturelles lors de ses sorties officielles.
Teyonah Parris est le
natural hair crush de nombreuses internautes qui lui vouent un culte
digitalement inspiré et sans complexe
sur YouTube, Instagram ou Twitter. Je ne
compte plus les #TeyonahParrisFan,
#Crown, #teamnatural, croisés lors de mes balades sur les réseaux sociaux. J’aime
surtout le fait que le look de l’actrice motive maintenant d’autres femmes qui échangent tutos et conseils pour réaliser les coiffures aérodynamiques de la belle
Teyonah.
Je sais que certaines trépignent déjà d’impatience
à l’idée de reproduire ce petit updo. Je vous laisse donc à vos peignes, brosses
et franges. Stay n'Happy !