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dimanche 6 octobre 2013

Parenthèse musicale automnale à Paris- Quelques notes d’énergie brute et odacieuse

Je déroge de nouveau à ma sacro-sainte règle (se concentrer sur le buzz online) afin de partager mes récentes balades musicales sur Paris. Partons donc du récit de mes deux derniers concerts pour découvrir les plateformes de deux artistes talentueux, mais très différents.


Jean-Didier Hoareau tout d’abord. Un digne représentant de la culture réunionnaise aussi discret sur la toile qu’ostentatoire sur scène.  
Le chanteur était invité au centre Fleury Goutte d’Or dans le 18ème où l’attendaient camarades réunionnais en mal de maloya, et public novice en quête d’exotisme. Le maloya, pour ceux qui comme moi connaissent mal le genre, est issu de la période de l’esclavage. Ce blues de l’Ocean indien permettait au peuple réunionnais de rendre hommage aux ancêtres, d'appeler les esprits  et de se moquer du maître. Aujourd’hui le maloya est une des musiques principales de la Réunion, et repose essentiellement sur des percussions traditionnelles. Les instruments utilisés pendant le concert étaient donc aussi étranges que fascinants. Dès l’entrée en scène du groupe l’audience a pu apprécier l’énergie presque violente du roulèr (sorte de tonneau utilisé par le percussionniste), et de la voix de Jean-Didier Hoareau. Sans comprendre les paroles de ses chansons, on devine des textes emplis de revendications, de souffrances et de joies mêlées, et on tape des pieds comme pour exprimer une solidarité cosmique.  Je n’ai pu trouver que quelques vidéos sur YouTube, et elles traduisent mal la puissance vocale du chanteur… A quand un site Internet dédié Jean-Didier ?!


Plus urbain et plus moderne, le chanteur Féfé a lui bien compris l’importance d’une page virtuelle de qualité. Et sur son site Internet il ne s’éternise pas dans de longs discours  conceptuels mais laisse ses chansons le représenter. Je me souvenais vaguement des mini dreads de Féfé du temps de la grande ère du collectif Saïan Supa Crew, mais n’avais pas suivi son actualité et les récents succès de ses albums solo. J’ai donc pu profiter de l’inauguration du nouveau conservatoire d’Aubervilliers pour découvrir un artiste que je classerais à la limite du rap et de la variété française. Pendant son live c’est avec beaucoup de virtuosité qu’il a mélangé petites balades bien écrites, animations de MC tonitruant et jeu d’improvisations avec son groupe musical. Féfé parle de galères, mais partage aussi un conseil simple et efficace : voir de l’avant ! L’autre qualité que  je retiendrais chez Féfé c'est sa complicité avec le public.  J’ai senti un artiste resté très proche de l’univers Clichy La Garenne dans le quel il a grandi, et prêt à faire la fête avec grands et petits. 


Cette approche directe, simple et cool est celle que l’on retrouve sur son site officiel.  D’entrée de jeu on est renvoyé vers la vidéo de son tube Le Charme des premiers jours, puis vers ses autres clips officiels disponibles sur YouTube. Quelques liens, vers les réseaux sociaux et iTunes pour télécharger son album…and that’s it, pas de fioritures ! Si l’artiste donne beaucoup de sa personne sur scène et dans ses textes, il n’a pas besoin d’en rajouter online, et je trouve cela…charmant !

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