Comme chaque jeudi, je vous offre aujourd’hui
un « ThrowBack Thursday »(TBT). Pour ceux qui ne le savent pas, sur Twitter,
Facebook et Instagram, le “Throwback Thursday” consiste à poster, le jeudi, une
(très) vieille photo de soi. J’ai donc pris la liberté de remplacer
« soi » par « elle » et « photo » par
« vidéo » afin de faire l’éloge d’une artiste qui a façonné mes rêves
et ma vision du monde à un âge où on est en proie à 1 000 questionnements et
émotions : Miss Lauryn Hill.
Ou du moins devrais-je dire Mrs Lauryn Hill,
car celle qui a débuté une carrière de chanteuse alors qu’elle n’avait que 13
ans, et qui est devenue une petite sensation cinématographique en 1993 avec le
film Sister Act 2, est aujourd’hui une femme et mère de famille à la vie
tumultueuse. Et le dernier épisode en date est sa condamnation par un tribunal
de Newark, dans le New Jersey, à trois mois de prison et trois mois
supplémentaires de résidence surveillée.
En cause: des revenus de 1,8 million de
dollars non déclarés entre 2005 et 2007 et des taxes fédérales et d'État
impayées en 2008 et 2009, soit un total de 2,3 millions de dollars de dettes.
La bonne nouvelle est que Lauryn Hill a profité de son temps passé à l’ombre
pour travailler de nouveaux textes et préparer un nouvel album. Elle explique ainsi sur son Tumblr la parution de
son nouveau titre Neurotic
Society qui se veut une diatribe contre la corruption sociale et la
manipulation des masses. Le message est un peu confus et
« confusing » et même si je me réjouis d’avance du retour de la reine
du flow et du hip-hop, j’espère anxieusement qu’elle saura retrouver la vibe
peace et pleine de sagesse de son album « The Miseducation ». Sortie de prison début Octobre, elle a par ailleurs remercié ses fans sur ce même support, avec une lettre qui n’était pas sans rappeler la spiritualité de
son premier album solo.
Tout d’abord je voudrais remercier toutes les
personnes qui m’ont écrit et fait parvenir des livres et des colis. Grâce à
vous je n’ai pas passé un jour sans recevoir de courrier pendant mon
incarcération. Et je vous en remercie. Sachez également que non seulement vos
lettres m’ont touchée, mais elles ont également confirmé une chose que je
savais déjà mais qu’il me fallait réentendre : que les expressions
profondément sincères ont une véritable et importante finalité. Si l’un d’entre
vous a pu être ému, remotivé, encouragé, ou a pu éviter de succomber à tout
effet de déclin moral ou spirituel en retour, alors le résultat est là !
Mes amis, soyez forts, cherchez la lumière et la justesse de l’univers en toute
chose. Sachez que les activités
matérielles et créées par l’homme, et celles créées par l’univers ne sont pas
toujours en adéquation. Et bien sur efforcez-vous de plaire à dieu.
Merci
encore, et encore.
Au nom de l'amour
et de la liberté,
@mslaurynHill
Je pense que
ce que je retiens le plus de « The Miseducation » ce sont les
interludes qui ponctuaient les morceaux de l’album avec des discours et question
d’un professeur à des élèves appelés à s’exprimer sur le concept de l’amour. Le
professeur était joué par le poète, éducateur et homme politique Ras Baraka (à ne
pas confondre avec un certain Barack Obama!) qui est maintenant un élu du
conseil municipal de la ville de Newark dans le New Jersey. Bref, c’était l’époque
où le concept de hip-hop conscient était encore palpable, et aussi celle où l’album était pensé comme un ensemble cohérent de titres, eux-même assemblés comme les chapitres d'un livre… Bref, c'était une belle époque.




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