The
aesthetic code of hip hop does not seek to render invisible the layers of
samples, sounds, references, images, and metaphors. Rather, it aims to create
a collage in which the sampled texts augment and deepen the song/book/art's
meaning to those who can decode the layers of meaning.
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—Richard
Schur, Hip Hop Aesthetics and Contemporary African American
Literature (2008)
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It’s Throwback Thursday y’all ! Alors que
certains s’interrogent sur la mort du genre hip-hop et de la dimension
hautement poétique des paroles des premiers auteurs-compositeurs, je me propose de vous
offrir une petite playlist rendant hommage à un autre aspect de la composition:
le sample! Qu’il s’agisse de manipuler deux tables de mixage, de déconstruire
un beat électroniquement ou de produire des arrangements musicaux à partir d’un
tube déterré d'une époque passée, la production de musique hip-hop reste un art
trop souvent sous-estimé.
Aujourd’hui, grâce à YouTube, il est plus facile de
comprendre et de reconnaître le talent de producteurs musicaux toujours plus
cosmopolites et audacieux. Ou du moins grâce aux commentateurs des vidéos qui
n’hésitent pas à citer les noms des premiers auteurs et les liens vers le sample instrumental d’origine
quand il s’agit d’un remix. Voici donc quelques exemples des meilleures
productions dérivées de chefs-d’œuvre antérieurs. Certains apprécieront la
symbolique des références ou plus simplement la finition des harmonisations.
SAMPLE
DANCE. Fantasy-Mariah Carey
Pour certains, ce tube de Mariah Carey révélé en 1995 a semblé très familier dès sa sortie.
Et pour cause, la chanson Fantasy est très largement inspirée d’un tube de
1981 : « Genius of Love » de Tom Tom Club.
La chanteuse explique
qu’elle a entendu le tube à la radio alors qu’elle préparait son 5ème album
Daydream, et décidé d’acheter les droits de la chanson afin de la retravailler
avec le producteur Dave Hall. Tom Tom Club est un groupe américain rock qui a
connu un grand succès dans les années 1980, au moment de l'apogée de la culture dance club. En
incorporant des éléments hip-hop, les producteurs de Fantasy parviendront à
créer un mélange fun et pop qui permettra à Miss Carey d’entamer sa transition
vers des décennies de succès R&B.
SAMPLE SOUL. Common –Misunderstood
Avec ce morceau du rappeur Common, on retrouve
ici un parfait exemple de fusion du beat et des textes…Car le choix de sampler
ce morceau iconique de Nina Simone est loin d’être innocent.
Don’t let me be
misunderstood a été enregisté par la pianiste et chanteuse en 1964 et repris
par de nombreux artistes depuis. Cindy Lauper, Elvis Costello, John Legend et bien d'autres. Le producteur principal, Horace Ott, dit avoir été inspiré par sa rupture avec sa petite amie de l’époque, d’où le tempo lent et les notes de
harpe larmoyantes dans la chanson d’origine. Avec la voix de Nina Simone se
rajoute la lourdeur des combats qu’elle a menés pendant la lutte pour les
droits civiques. Et c’est cet aspect singulier que Common a voulu reprendre
dans sa version de Misunderstood. La voix de la chanteuse est d’ailleurs
audible pendant la longue litanie du rappeur qui dénonce la pauvreté, les trafics
de drogue, la prostitution et les autres galères d’une population en proie à des
maux encore non résolus. Et malgré la légère accélération de tempo dans la
version du rappeur, on retrouve bien la mélancolie du morceau original.
SAMPLE R&B. Kendrick Lamar- Poetic Justice
Poetic Justice est le 3ème single d’un album qui a, selon certains, redonné ses lettres de noblesse au hip-hop moderne : Good
Kid, M.A.A.D City. Kendrick Lamar fut ici le chanceux réceptionneur d’un arrangement
musical concocté par le producteur Scoop DeVille. Celui-ci avait d’abord pensé le
proposer à 50 Cent. Dans ce sample on reconnaît le tube de Janet Jackson « Any
time, any place » qui figure notamment sur la bande originale du film…Poetic
Justice.
DeVille travaillait dans son studio quand il entendit la chanson à la
radio, et dit avoir été touché par le groove et la sensualité rétro de l’arrangement
de 1993. Dans la version de 2012 c’est la juxtaposition du rap haché de
Kendrick et Drake, et de la voix soul de Janet qui a été plébiscitée par la
critique… They like it fast and
slow…
SAMPLE ELECTRO. Kanye West- Stronger
Paru sur le deuxième album de Kanye West en 2007,
il me semble que c’est ce morceau qui a permis au rappeur d’être mondialement
connu hors du circuit hip-hop. La recette du succès ? La petite French
Touch fournie par le groupe français Daft Punk.
Les compositeurs ont d’ailleurs été crédités
pour la production du morceau Stronger. Le remix est une bonne illustration de décomposition
instrumentale : le sample des Daft Punk est fragmenté puis progressivement
ralenti et répété, jusqu'à en devenir envoûtant. Pour les dernières notes, Kayne West a collaboré avec le producteur Timbaland afin de retravailler les effets de percussion de la chanson funk « Cola Bottle Baby » d'Edwin Birdsong qui avait précédemment été samplé par Daft Punk dans leur morceau de 2001. Très bel exemple d’effet miroir multiple!
SAMPLE AFRO. J Cole-Can’t get enough
Le morceau du jeune rappeur américain est à mon
avis un très beau cas d’inspiration trans-territoriale avec un sample d’origine
guinéenne et un clip tourné à la Barbade. Cette production de Brian Kidd a en
effet été inspirée du morceau « Paulette », une chanson de Balla et
ses Balladins, un groupe formé à Conakry en 1962.
SAMPLE CALYPSO. Lil Wayne- 6 foot 7 foot
Le remix le plus ironique est sûrement
celui-ci, quand on connait les sentiments du chanteur de la version originale
sur les rappeurs d’aujourd’hui. Harry Belafonte est en effet l’interprète de la
célèbre chanson « The banana boat song » (Day-o !) mais est
aussi connu pour son activisme pour les droits civiques et diverses causes
humanitaires. Il a récemment fortement critiqué le manque d’engagement
politique des stars actuelles, et son discours a été défendu par Jamie Fox lors de la commémoration
de la marche de Washington en Juillet dernier.
Si certains rappeurs ne se sentent pas vraiment émus
par la dureté de ses déclarations, certains n’hésitent pas cependant à
exploiter la finesse de ses
compositions. La chanson Day-O était à l’origine une chanson folk jamaïcaine
qui décrit la vie des dockers qui chargent les bateaux de banane la nuit, et
attendent impatiemment la lumière du jour qui signale la fin de leur tournée. Bangladesh,
le producteur du sample remixé, ne s’est pas encombré du tempo calypso d'origine. Cependant le martèlement des voix a été retenu, et sert d’introduction et de coeur à un rap qui est balancé avec rage et puissance. Difficile de reconnaître la chanson du grand
Belafonte dans cette version, et je serais curieuse de savoir qu’elle fut sa réaction en entendant
ce remix…









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