Devenu un rendez-vous médiatique très attendu,
le show du Black Girls Rock sera diffusé ce Samedi 3 Novembre sur BET. Au programme, des performances musicales, des tenues et
coiffures rivalisant en glam’attitude, et surtout des awards tout brillants afin de récompenser
les réalisations de ces femmes exceptionnelles, reconnues comme étant des
inspirations et des rôles modèles dans leurs communautés. Mais, wait… Black
girls rock, ça veut dire que les autres n’ont aucune valeur? Pourquoi une revendication fondée sur la couleur de la peau ? Si le slogan peut sembler
racoleur, BGR fait en réalité dans la provocation constructive.
Créée en 2006, BGR est une association qui a
pour vocation d’accompagner et de responsabiliser les jeunes femmes de couleur
via la promotion des arts. L’objectif de ce mouvement est également de
permettre l’émergence d’un dialogue honnête et transparent afin de dénoncer les
violences sexuelles et dégradations constantes dont ce groupe est plus particulièrement victime, aux
Etats-Unis et ailleurs. Enfin il s'agit d’analyser les travers de l’image des femmes de couleur véhiculée dans les médias.
À problème spécifique, réponse spécifique !
La fondatrice de BGR est le DJ Beverly Bond, une véritable « connoisseur »
(ça fait toujours mieux en anglais) de musique qui a su opérer avec brio son
passage de mannequin à femme d’affaires et philanthrope. Elle a également su s’entourer
de personnalités talentueuses et véritablement investies dans ce challenge : Queen Latifah, Erykah
Badu, Iman, Kerry Washington, ou encore Common.
Le détail sur les différentes initiatives en cours est disponible
sur le site internet du BGR, et on peut se joindre aux discussions ouvertes sur Twitter en suivant
@BLACKGIRLSROCK. De la critique des dérapages de l’industrie du rap et de sa promotion
des drogues et du viol, au débat sur l’utilisation des produits éclaircissants,
en passant par les violences domestiques et les problèmes de pauvreté en
Afrique, les sujets sont aussi vastes que
désespérants. Pourtant au milieu de ses protestations BGR prend aussi le temps
de partager ses célébrations, et de
donner des raisons de rester confiant.
Le show de Samedi promet donc d’offrir le même
combo de contestations et d’espoir, et sera surtout l’occasion de découvrir des
compositions originales et pleines d’engagement. Je me souviens avoir été particulièrement
marquée par une reprise de « Four Women » offerte il y’a trois ans. Kelly Price, Marsha Ambrosius, Jill Scott et Ledisi avaient interpreté avec beaucoup d’émotion
ce tube de Nina Simone, et les cris de chaque personnage semblaient résonner avec beaucoup de pertinence, comme pour dénoncer les injustices, souffrances
et préjugés encore en vigueur.
Cette année encore de grandes pointures sont
attendues : Jennifer Hudson, Kelly Rowland, Mariah Carey … Et Mara Brock
Akil (la créatrice du show Girlfriends) sera l’une des personnalités récompensées.
Une raison supplémentaire de ne pas manquer le show !






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