Soooo... dans ce mot il y'a "vibrer", et c'est vrai que je me suis sentie secouée et transportée lors du concert du chanteur américain. En fouillant un peu plus, je découvre que le vibraphoniste est celui qui joue du vibraphone donc, et que le vibraphone est un instrument de musique assez proche du xylophone. Il est surtout central dans certaines formations jazz et permet aux plus virtuoses de composer de fantastiques passages harmoniques et mélodiques. Et c'est exactement ce qu'a pu nous offrir le légendaire Roy Ayers dans la salle du New Morning hier soir! Une salle qui peinait à contenir un public venu nombreux, au grand bonheur de l'artiste qui s'est écrié: "we need a new New Morning...Say Yeah!" À 74 ans et après plus d'une trentaine d'albums, Roy parvient encore à démontrer sur scène une énergie contagieuse, et la foule savoure. Son choriste
Et en effet pendant plus de deux heures le chanteur et sa formation nous ont entraîné dans leur surprenante machine à remonter le temps pour un voyage funky et dé-chronologique. Premier arrêt en 1980, c'est la date à laquelle Roy Ayers signe un disque avec une autre légende: Fela Kuti. On sent l'émotion de l'artiste quand il parle de son compagnon d'afrobeat, et de leurs nombreux voyages et concerts. On continue avec quelques hits des années 70, et il plane alors dans la salle parisienne des odeurs de blackploitation...La fusion est totale. Une nouvelle date: 1976. C'est la date de la composition d'un titre qui sera repris et samplé par de nombreux artistes (Seu Jorge,Tupac, etc...). Everybody Loves the Sunshine. Et là encore c'est l'euphorie dans la salle. Hochements de têtes, bras en l'air, sourires béats, chants à l'unissson..."Just bee's and thangs and flowers". La version que nous offre Roy ce soir est encore plus fly que toutes celles que j'avais pu apprécier jusque là! Avec la chanson "we live in Brooklyn" que Roy rebaptise "we live in Paris" le temps d'un concert par respect pour ses hôtes (so sweet), nous voilà plongés dans le paradoxe de la jungle urbaine: Âpreté et optimisme."We try to make it baby"..."Another day, another dollar dead". On frôle la rythmique rap avec ce titre qui date pourtant de 1971, et je me souviens alors que ce sample a été repris par MosDef (Brooklyn) et Kendrick Lamar (Good Kid).
Le reste de la soirée fut ponctuée de moments jazz, funk, et disco inoubliables, et mon coup de coeur fut la parenthèse smooth et soul offerte en fin de concert avec la chanson Searching. Car je trouve qu'elle résume à la perfection la personnalité et le parcours de Roy Ayers: le détachement, la cool attitude, et un brin d'hédonisme. Malgré son statut d’icône Roy garde un sourire simple et une certaine spiritualité déjà présente en 1970, et qu'il partage avec le public pendant ce concert.
We are living in a world
Of "who has what?" and "who is who?"
But I'm telling you my friend
The answer's right in front of you
We are searching for a peace
Au final ce concert m'a donné envie de road trip les cheveux au vent et de dialogues musicaux avec d'autres artistes et courants musicaux. Dialogues, mais aussi découvertes d'artistes atypiques comme par exemple Yann Négrit, le musicien qui fut invité à faire la première partie de ce concert. Jazz, Ka et métal rock, l'artiste a lui aussi su conquérir un public surpris et réceptif. C'est peut-être ça au final le don de Mister Ayers: sa capacité à ouvrir nos horizons et notre curiosité. Longue vie à la fusion!




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