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samedi 28 décembre 2013

Moi et mes clics- 2013 was a good year !

Les derniers jours du mois de Décembre sont généralement propices aux rétrospectives, bilans et autres introspections. J’aime à penser que cette année fut pour moi celle de la révélation de mon amour pour les supports digitaux. Si je prends toujours autant de plaisir à voyager, échanger, et me divertir dans la vraie vie, j’ai découvert un monde parallèle plein d’esprits curieux, de joyeux blogueurs, d’audacieux preneurs d’images, et surtout de belles plumes. Il y’aurait beaucoup de noms à citer si je devais faire un best of des sites et blogs dont je suis tombée sous le charme…Je préfère donc me livrer à un exercice un peu plus commode : la présentation de mes deux derniers coups de cœur. 

Dans la rubrique microblog, j’ai pris plaisir à suivre le regard caustique et légèrement impertinent de Coumba VonBocoum. Une photo, une phrase. C’est la formule apparemment toute simple de son blog « Là où j’habite » hébergé sur Tumblr. Sauf que ses phrases sont souvent pleines de double sens, et que ses photos font légèrement sourire quand on ne pensait pouvoir s’autoriser de tels sentiments en pensant à la banlieue parisienne.

Coumba vient d’Aubervilliers, une ville du 93 que j’ai moi-même appris à mieux connaitre ces 6 derniers mois.  Une catastrophe sociale et urbanistique pour certains…une zone en pleine transition culturelle et économique pour d’autres. Loin des grands discours politiques, sociologiques ou « rap-pologiques », Coumba, elle, préfère s’arrêter sur le charme du quotidien. Un appareil photo à la main, elle traque sans répit les scènes burlesques, les portraits insolites, les architectures singulières … Bref, life in the hood. Son blog est aussi une réponse à un rêve quasi rastignacien : notre blogueuse romanesque rêve de vivre loin, de traverser le périf’ et peut-être même les frontières. Mais contrairement au héros du Père Goriot, Coumba ne regarde pas les lumières des grandes villes avec un regard envieux et  désespéré, car elle sait d'où elle vient, et garde une forte tendresse pour son quartier. Elle fait partie de cette génération de français à l’héritage culturel riche car multiple, et de plus en plus conscients que les cases pré-formatées n’ont plus de raison d’être. Go ahead miss Coumba, just stay free and happy  ! 


Changement de format et de style, mais même optimisme et pied de nez aux idées arrêtées avec le site Brazza-va-bien. Cette plate-forme appartient à cette nouvelle tendance de supports virtuels riches en contenus et en engagement de ses rédacteurs. La fondatrice de Brazza-va-bien, Cathia Dirath, est elle-même une belle âme pleine de passion et de convictions qu’elle affiche dans sa présentation.

 « J'ai à cœur d'entretenir la curiosité de l'autre afin d'annihiler tout a priori réducteur et déplaisant. Témoin d’échanges et de rencontres dynamiques et constructives, je suis ardemment convaincue des bienfaits qu'une telle démarche peut apporter aux débats ambiants. »

Alors, Brazza va bien, soit, mais que se cache-t-il derrière ce titre? Et bien un magazine culturel qui peut de prime abord sembler nous limiter à une certaine zone géographique, mais qui est en fait une foisonnante et cosmopolite vague de créativité musicale, culturelle, artistique et esthétique à portée de clics.

Ce site est aussi un savoureux mix de proses super bien léchées, ponctuées de références digitales (hello Pinterest!), et d‘interviews de soul-trotters qui refont le monde à coups de pinceaux, de bombes graffiti, de mics bien inspirés ou de zooms photos acrobatiques. La petite touche plus c’est la rubrique « Influences TV », une web TV qui donne accès à des clips, des court métrages et des interviews vidéos. 

J’ai ainsi pu découvrir le plaidoyer du jeune Abenezer Temesgen, un skater de 16 ans, born and raised à Addis-Abeba. Et oui, en Ethiopie aussi on fait du skate-board … quand on trouve un peu de temps entre les petits boulots fastidieux qui permettent de subsister! Abenezer explique que chez lui il est difficile de trouver des lieux où pratiquer une activité pourtant pleine de valeurs positives et de fun pas trop cher. Il a donc décidé de faire appel au monde via YouTube et les autres réseaux sociaux, et de lancer une campagne d’appel aux dons afin de créer un parc de skate. « We just want to skate » conclue-t-il … Ambitieux et touchant !


2013. 1 année. 8 766 heures au total, dont beaucoup passées à explorer la toile. Mon souhait pour cette nouvelle année est de poursuivre mes joyeuses élucubrations digitales en prenant exemple sur ces hommes et ces femmes qui ont su développer des média qui aident à changer leurs communautés, le regard des autres, ou leurs propres regards sur le monde. A l’heure de la 4G et des buzzs éclairs, j’espère aussi réapprendre à prendre le temps. Le temps de lire en profondeur, de savourer, de douter, de rechercher, de regarder, ou juste d’écouter. Mes deux derniers coups de cœurs ont tous deux la particularité de donner cette chance au temps, et d’ouvrir des fenêtres sur des phénomènes ou des portraits que je n’aurais sûrement pas pu découvrir ailleurs. Merci à ces femmes engagées, merci Internet, et joyeux slow motion à tous !

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