Les derniers jours du mois de Décembre sont généralement propices aux rétrospectives, bilans et autres introspections. J’aime
à penser que cette année fut pour moi celle de la révélation de mon amour pour
les supports digitaux. Si je prends toujours autant de plaisir à voyager, échanger,
et me divertir dans la vraie vie, j’ai découvert un monde parallèle plein d’esprits
curieux, de joyeux blogueurs, d’audacieux preneurs d’images, et surtout de
belles plumes. Il y’aurait beaucoup de noms à citer si je devais faire un best
of des sites et blogs dont je suis tombée sous le charme…Je préfère donc me livrer à un
exercice un peu plus commode : la présentation de mes deux derniers coups
de cœur.
Dans la rubrique microblog, j’ai pris plaisir à
suivre le regard caustique et légèrement impertinent de Coumba VonBocoum. Une photo, une
phrase. C’est la formule apparemment toute simple de son blog « Là où j’habite »
hébergé sur Tumblr. Sauf que ses phrases sont souvent pleines de double sens,
et que ses photos font légèrement sourire quand on ne pensait pouvoir s’autoriser
de tels sentiments en pensant à la banlieue parisienne.
Changement de format et de style, mais même
optimisme et pied de nez aux idées arrêtées avec le site Brazza-va-bien. Cette plate-forme appartient
à cette nouvelle tendance de supports virtuels riches en contenus et en
engagement de ses rédacteurs. La fondatrice de Brazza-va-bien, Cathia Dirath,
est elle-même une belle âme pleine de passion et de convictions qu’elle affiche
dans sa présentation.
« J'ai à cœur
d'entretenir la curiosité de l'autre afin d'annihiler tout a priori réducteur
et déplaisant. Témoin d’échanges et de rencontres dynamiques et constructives,
je suis ardemment convaincue des bienfaits qu'une telle démarche peut apporter
aux débats ambiants. »
Alors, Brazza va bien, soit, mais que se
cache-t-il derrière ce titre? Et bien un magazine culturel qui peut de prime abord sembler nous limiter à une certaine zone géographique, mais qui est en fait une foisonnante et
cosmopolite vague de créativité musicale, culturelle, artistique et esthétique à portée de clics.
J’ai ainsi pu découvrir le plaidoyer
du jeune Abenezer Temesgen, un skater de 16 ans, born and raised à Addis-Abeba.
Et oui, en Ethiopie aussi on fait du skate-board … quand on trouve un peu de temps entre les petits boulots fastidieux qui permettent de subsister! Abenezer
explique que chez lui il est difficile de trouver des lieux où pratiquer une activité pourtant pleine de valeurs positives et de fun pas trop cher. Il a donc décidé de faire appel au monde via YouTube et les autres réseaux
sociaux, et de lancer une campagne d’appel aux dons afin de créer un parc de
skate. « We just want to skate » conclue-t-il … Ambitieux et touchant !
2013. 1 année. 8 766 heures au
total, dont beaucoup passées à explorer la toile. Mon souhait pour cette nouvelle année est de poursuivre mes joyeuses élucubrations digitales en prenant exemple sur
ces hommes et ces femmes qui ont su développer des média qui aident à changer leurs communautés, le regard des autres, ou leurs
propres regards sur le monde. A l’heure de la 4G et des buzzs éclairs, j’espère aussi réapprendre à prendre le temps. Le temps de lire en profondeur, de
savourer, de douter, de rechercher, de regarder, ou juste d’écouter. Mes deux
derniers coups de cœurs ont tous deux la particularité de donner cette chance
au temps, et d’ouvrir des fenêtres sur des phénomènes ou des portraits que je n’aurais sûrement pas pu découvrir ailleurs. Merci à ces femmes engagées, merci
Internet, et joyeux slow motion à tous !






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