Bon, ben je vais déroger à ma règle avec ce
post. Car cette fois-ci, l’inspiration ne vient pas d’un support on-line mais d’une
petite exploration non virtuelle au pied de la tour Eiffel. Au musée des arts
et des civilisations pour être plus précise. C'est là que j'ai découvert les clichés d’Adolphus Opara et de
Nyaba Leon Ouegraogo. Tous deux sont devenus photo journalistes par hasard,
mais ont depuis été plusieurs fois récompensés pour leur travail d'investigation et leur regard subtil. Ce qui les a conduits
à être au cœur de la nouvelle exposition temporaire « Photoquai » au Quai
de Branly. Nichés dans le jardin du musée,
à la fois perdus entre bambous et allées sinueuses ... et mis en lumière pour le
plus grand bonheur des badauds en quête d’exotisme. Ce sont au total 40 photographes qui
ont été sélectionnés cette année autour de la thématique de la mise en abyme du visage humain, et du slogan « Regarde-moi ».
Et si les figures présentées sont d’une grande diversité géographique (du Pérou
au tréfonds de la Russie), Adolphus et Nyaba ont tous deux capté mon attention et m'ont donné envie de les regarder un peu plus. Chacun pour des raisons singulières.
Petit retour sur le net pour mieux dépeindre les émotions réveillées par ces
deux chasseurs d’images.
Adolphus Opara- Nigeria- http://www.adolphusopara.com/
Sa sélection présentée à Photoquai pourrait s’intituler
« déchets et résilience »… Car elle donne à voir les conséquences des
écologies fragilisées sur les communautés locales. Adolphus capture des
plateformes pétrolières qui s’effondrent, des images de sécheresse et d’animaux
qui meurent, mais aussi des scènes de jeux d’enfants qui tentent d’ignorer le
chaos autour d’eux. J’ai été tout de suite interpellée par les images en noir
et blanc mais aussi la faculté du photographe à saisir ce contraste de vie et
de survie. Sur son site internet les
photos prennent de la couleur mais le regard reste grave et sombre, comme pour
mieux montrer les challenges qu’affronte cette Afrique au quotidien.
NYABA LÉON OUEDRAOGO-
Burkina Faso
Nyaba propose un intéressant mélange des genres avec ses photographies
du fleuve Congo. Le photographe s’appuie en effet sur l’ouvrage
majeur de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres,
qui offre au travers du voyage du personnage principal, un périple loin de la civilisation
et de l'humanité, et la découverte d’une nature impénétrable et potentiellement
menaçante. Et tout en remontant lui aussi le long des berges du fleuve, Nyaba nous
offre des clichés saisissants, parfois effrayants et déstabilisants. Le
photographe n’a malheureusement pas de site internet, mais une simple recherche
Google permet de découvrir l’étendu de son talent, notamment révélé dans une série
de photos intitulée « L’enfer du cuivre ».
L’exposition complète de Photoquai est
disponible sur un mini-site dédie (http://www.photoquai.fr/2013/)
mais je recommande une balade au musée afin de mieux appréhender les jeux de lumière
et le travail de capture des émotions à grande échelle. A voir, vite, vite…nous
sommes déjà à 49 jours de la fin de l’expo !







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